Vendredi 25 septembre - 18h55
Gilles vient à l'instant d'essayer de m'appeller 2 fois... J'ai réussi à ne pas répondre (l'horreur).
Il a laissé un message sur le répondeur. Là, je suis en train de me demander si je dois écouter son message ou pas ? C'est peut-être important, il a peut-être besoin de moi ou il est peut-être arrivé quelque chose à ses parents (ils sont à Pénestin) ou c'est pour des banalités et ça va encore me faire du mal... Je ne sais pas quoi faire.
Je n'ai toujours pas écouté le message... je ne l'écouterais pas ce soir. Au moins, je sais que je vais dormir, alors que s'il y a des choses contrariantes pour moi dans ce message, je vais enrager toute la nuit et vu que je suis déjà à cran... mon choix pour ce soir est fait.
J'espère que je ne vais pas craquer et le rappeller demain. J'espère que son message ne me fera "rien". J'ai peur de l'écouter ce message finalement. Peur de moi, de la réaction que je vais avoir. C'est comme une bombe : j'ai pas très envie d'y toucher de peur qu'elle ne me pête à la figure, mais d'un autre côté, il faut la désamorcer (bonjour l'image lol).
Samedi 26 septembre - 15h44
J'ai écouté son message ce midi là. "Salut, c'est Gilles. C'était juste pour te donner de mes nouvelles. Ben voilà." Un message court, qui n'a pas grand signification pour quelqu'un d'indifférent. Mais je ne suis pas indifférente. Ce message, je l'ai au moins écouté 3 ou 4 fois, pour entendre sa voix me parler.
Je ne l'aimais peut-être pas comme on "doit" s'aimer dans un couple, mais je l'aime de la seule façon dont j'ai jamais aimé. Il me manque, lui, sa présence, sa voix, son contact, son humour débile, tous ces détails qui me rendaient chèvre. La nuit, il m'arrive encore de le chercher dans mon lit, de tendre la main vers le vide à côté de moi, de chercher sa chaleur. Je pense aussi qu'il est temps qu'il prenne son RDV chez l'optalmo pour surveiller son oeil ; il doit faire un contrôle tous les ans ou tous les 2 ans depuis qu'il avait reçu un copeau de métal... Il m'arrive aussi de regarder des films ou des séries en pensant qu'il les auraient aimés, qu'il est peut-être à la maison en train de les regarder. Est-ce que j'arriverais un jour à l'oublier ?
Il m'a rappellé vers 16h (je sais que c'était lui sans regarder mon téléphone car il a une sonnerie différente de mes autres appels). Je ne l'ai pas rappellé, je n'ai pas non plus décroché, mais j'ai préféré éteindre mon portable aujourd'hui pour ne pas être tentée. Je me sens en position de force : c'est moi qui décide, et c'est lui qui se pose des questions pour une fois.
Pour l'instant, je tiens le coup. Bouchra m'a dit qu'elle m'aiderait à faire en sorte que je ne l'appelle plus pendant au moins un mois (jusqu'au 11 octobre), c'est un début. Mais j'espère tenir plus longtemps. J'en ai vraiment marre de souffrir et de me torturer sur tous les plans dans ma vie. Je voudrais être plus forte, être au-dessus de tout ça. Et elle m'a tellement donné l'impression de prendre ma demande au sérieux que ça me donne un peu de la force qu'il me manque.
Delphine m'a assez dit que c'était ridicule, mais pour moi, ne pas lui répondre, c'est un énorme effort. Je sais que je n'ai gagné qu'une bataille, que la guerre est loin d'être finie. Qu'un jour, j'appellerai probablement Bouchra en larmes parce que j'aurais envie de l'appeller ou parce que je l'aurais déjà fait... mais je ne mentirais pas à Bouchra. Dans ma tête, c'est comme si j'avais passé un pacte d'entre-aide avec elle à ce sujet. Je n'ai pas la volonté de le faire pour moi seule, mais je veux le faire pour elle et pour me prouver que je peux le faire... si elle m'aide.